Bucarest et Valachie
Une capitale aux strates architecturales contrastées et une plaine méridionale ponctuée de monastères brâncovenesques, entre Carpates et Danube.
Bucarest et la Valachie occupent la plaine du sud de la Roumanie, entre les contreforts des Carpates méridionales et le Danube qui marque la frontière avec la Bulgarie sur près de 500 kilomètres. C'est une région de plaines céréalières, de vignobles (Dealu Mare, Drăgășani) et de petites villes thermales adossées aux montagnes, dont Bucarest reste le centre nerveux avec ses deux millions d'habitants. Notre agence est installée ici, à quelques rues de la Calea Victoriei, et c'est généralement par cette région que commence et se termine un voyage en Roumanie.
La capitale concentre des strates architecturales qui racontent un siècle et demi d'histoire mouvementée. Le quartier de Lipscani, ancien cœur marchand reconstruit après les démolitions communistes, conserve quelques cours intérieures, l'auberge Manuc datant de 1808 et l'église Stavropoleos. Plus au nord, les villas Art Nouveau et néo-roumaines de Cotroceni et Dorobanți côtoient des immeubles modernistes des années 1930, époque où Bucarest gagna son surnom de Petit Paris. Au sud du centre, le Palais du Parlement voulu par Ceaușescu, 365 000 m² sur douze niveaux, reste le deuxième plus grand bâtiment administratif du monde après le Pentagone. Le Musée du Village, en plein air dans le parc Herăstrău, rassemble près de 300 fermes et églises en bois rapportées des régions rurales du pays : une bonne entrée en matière avant un circuit en Transylvanie ou au Maramureș.
Côté table, Bucarest est l'endroit où goûter la cuisine valaque dans sa version urbaine : ciorbă de burtă (soupe de tripes au vinaigre et à l'ail) dans les brasseries de Lipscani, mititei grillés (petites saucisses au bœuf et mouton), papanași à la crème fraîche et confiture de myrtilles. La scène café des quartiers de Floreasca et Universității s'est densifiée depuis dix ans, avec une jeune génération qui a remplacé l'émigration par des projets locaux.
La Valachie proprement dite commence dès qu'on quitte les boulevards. Vers l'ouest, l'autoroute A1 mène à Pitești puis bifurque vers la vallée de l'Olt, axe historique qui remonte vers la Transylvanie en traversant le défilé du Turnu Roșu. C'est sur cet itinéraire qu'on trouve les monastères les plus importants : Cozia, fondé en 1388 par le voïvode Mircea l'Ancien et conservant des fresques byzantines du XIVe siècle, et Horezu, classé à l'UNESCO, érigé par Constantin Brâncoveanu à la fin du XVIIe siècle et matrice du style architectural qui porte son nom. Le village de Horezu, à quelques kilomètres, perpétue une tradition de poterie peinte au coq stylisé, également inscrite à l'UNESCO.
Au pied des Carpates, la station thermale de Călimănești-Căciulata exploite depuis le XIXe siècle des sources sulfureuses qui attirent encore une clientèle de cures, surtout roumaine et moldave. Plus à l'est, la ville de Curtea de Argeș abrite l'église épiscopale du XVIe siècle où sont enterrés les rois de Roumanie, et constitue le point de départ de la Transfăgărășan, route de montagne fermée d'octobre à juin. Vers le sud, la plaine descend jusqu'au Danube : Giurgiu, Călărași, et plus loin les berges peu fréquentées qui annoncent l'approche du Delta.
Le climat est continental tranché. Les étés sont chauds et secs, avec des pointes à 35 °C en juillet et août dans la plaine. Les hivers descendent régulièrement sous -10 °C en janvier, avec parfois des épisodes de crivăț, vent glacial venu des steppes ukrainiennes, qui bloque la circulation au sud de Bucarest. Les inter-saisons restent les meilleurs moments pour combiner ville et arrière-pays.
À découvrir
Palais du Parlement et quartier civique. Visite guidée d'environ 1h30 dans une fraction des 1 100 pièces du bâtiment voulu par Ceaușescu, suivie d'une marche sur le boulevard Unirii, copie élargie des Champs-Élysées.
Musée du Village en plein air. Trois heures de promenade dans 300 fermes en bois remontées depuis le Maramureș, l'Olténie et la Bucovine, autour du lac Herăstrău.
Monastère de Horezu. Cour blanche bordée de galeries sculptées et fresques de 1693, dans une vallée des Carpates méridionales où l'on visite aussi les ateliers de poterie du village voisin.
Vallée de l'Olt et défilé du Turnu Roșu. Itinéraire routier qui suit la rivière entre Râmnicu Vâlcea et Sibiu, ponctué de monastères (Cozia, Turnu) et de sources thermales à Călimănești.
Lipscani de nuit. Dîner dans une cour intérieure restaurée du vieux Bucarest, puis tour des bars à vin spécialisés dans les cépages locaux (fetească neagră, tămâioasă).
Quand y aller
La meilleure période pour visiter Bucarest et la Valachie va de mi-avril à fin juin, puis de début septembre à mi-octobre. Au printemps, les températures oscillent entre 15 et 22 °C en journée, les parcs de la capitale (Cișmigiu, Herăstrău) sont en fleurs et les monastères de la vallée de l'Olt s'abordent sans foule. L'automne est plus stable côté ciel, avec des journées encore douces (18 à 24 °C en septembre) et des vignobles en vendanges autour de Dealu Mare.
Juillet et août sont chauds et lourds dans la plaine, avec des pointes à 35 °C, peu d'ombre et un air souvent saturé en pollution urbaine à Bucarest. Beaucoup d'habitants quittent alors la ville pour la montagne ou la mer. L'hiver, de décembre à février, descend régulièrement entre -5 et -12 °C, parfois plus bas sous l'effet du crivăț. Bucarest reste tout à fait visitable en décembre pour ses marchés de Noël et ses musées, mais la Valachie rurale tourne au ralenti et certaines routes secondaires vers les monastères sont enneigées.
Conseils pratiques
Nous recommandons deux jours pleins à Bucarest pour couvrir le centre historique, le Palais du Parlement, un ou deux musées (Musée du Village, Musée national d'art au Palais royal) et avoir le temps de dîner sans courir. Pour la Valachie, comptez deux à trois jours supplémentaires si vous voulez inclure les monastères de Horezu et Cozia, Curtea de Argeș et une nuit à Călimănești ou Râmnicu Vâlcea. L'aéroport Henri Coandă est le point d'entrée principal du pays, à 18 km au nord du centre, et la quasi-totalité de nos circuits commencent ou se terminent ici.
La région se combine très naturellement avec les Carpates et la vallée de Prahova (Sinaia, Brașov à 2h30 de route de Bucarest), puis la Transylvanie au-delà. Vers l'est, le Delta du Danube est à 4h30 de route ou un vol intérieur sur Tulcea. Le niveau de confort à Bucarest est celui d'une capitale européenne, avec hôtels boutique dans des bâtiments restaurés du centre. En Valachie rurale, on dort en pensions familiales correctes mais simples. Cette région convient particulièrement aux voyageurs intéressés par l'histoire urbaine, l'architecture religieuse et la gastronomie, moins à ceux qui cherchent d'emblée la montagne ou la nature sauvage.



